L e coût mensuel d’une borne à l’usage se calcule avec une formule simple : le kilométrage mensuel parcouru, divise par 100, multiplie par la consommation moyenne du véhicule en kilowattheures aux 100 kilomètres, multiplie par le prix du kilowattheure applique. C’est le poste principal, et il ne dépend pas de la puissance de la borne installée mais du profil d’usage de chaque copropriétaire. A ce coût d’électricité s’ajoutent, selon le système choisi par la copropriété, un éventuel abonnement de supervision et une part de maintenance partagée.
Le poste dominant : l’électricité réellement consommée
Contrairement à une idée repandue, ce n’est pas la borne qui coûte cher à l’usage, c’est l’électricité qu’elle délivre. Un copropriétaire qui parcourt un faible kilométrage mensuel paiera nettement moins qu’un gros rouleur, quelle que soit la puissance de sa borne (7,4 kW, 11 kW ou 22 kW). La puissance détermine la vitesse de charge, pas le coût total : recharger la même quantité d’énergie coûte le même prix, que ce soit rapidement sur une borne puissante ou plus lentement sur une borne moins puissante.
Pour estimer ce poste, il suffit de connaître trois variables propres a chaque usage : le kilométrage mensuel moyen, la consommation du véhicule (disponible dans sa fiche technique, généralement exprimée en kWh aux 100 km), et le prix du kilowattheure applique par le contrat d’électricité ou par le système de refacturation de la copropriété.
Le prix du kWh, une variable qui diffère parfois de votre contrat individuel
En copropriété, le prix applique à la recharge n’est pas toujours identique au tarif du contrat individuel de chaque copropriétaire. Selon le système installé (compteur individuel dédié à la borne, sous-comptage via l’opérateur, ou répartition manuelle par le syndic), le prix facture peut inclure une marge de gestion ou correspondre à un tarif collectif negocie pour l’ensemble de l’immeuble. C’est un point à clarifier avant l’installation, car il influence directement le calcul mensuel présente plus haut.
L’abonnement de supervision, quand il existe
Certains systèmes de recharge en copropriété reposent sur une supervision à distance qui permet de suivre la consommation de chaque utilisateur, de gérer les accès par badge, et d’automatiser la refacturation. Ce niveau de service implique généralement un abonnement mensuel, distinct de l’électricité consommée. D’autres copropriétés choisissent une solution plus simple, sans supervision automatisée, avec un suivi manuel réalise par le syndic ou le conseil syndical. Ce choix, arbitre en amont du projet, détermine si le coût mensuel affiche inclut ou non ce poste fixe.
La part de maintenance, souvent oubliée dans le calcul
Enfin, l’entretien de l’infrastructure partagée (colonne électrique, système de supervision, bornes elles-mêmes) représente un coût qui doit etre reparti entre les utilisateurs. Selon la résolution votée en assemblée générale, cette part peut être intégrée aux charges mensuelles ou traitée comme une charge annuelle distincte. Il est important de savoir si le montant mensuel communique par le syndic inclut déjà cette part, ou s’il ne reflete que la consommation électrique brute, pour éviter une comparaison faussée entre copropriétés ou entre systèmes concurrents. Notre article sur la commission éventuelle prélevée par le syndic détaille ce point spécifique, qui peut alourdir sensiblement la facture mensuelle affichée s’il n’est pas identifie clairement.
Un exemple de calcul pour visualiser la méthode
Prenons un exemple purement illustratif, à adapter à votre propre situation. Un copropriétaire qui parcourt environ 1 000 kilomètres par mois avec un véhicule consommant 15 kWh aux 100 kilomètres utilise environ 150 kWh d’électricité sur le mois pour sa recharge. Ce volume, multiplie par le prix du kilowattheure de son contrat ou du système de refacturation de la copropriété, donne le montant du poste électricité. Un copropriétaire qui parcourt deux fois moins de kilomètres consommera mécaniquement deux fois moins, indépendamment de la borne installée. C’est cette proportionnalité au kilométrage, plus que la technologie de la borne, qui explique les écarts de facture observes entre voisins d’un même immeuble.
Cet exemple illustre pourquoi il est plus utile de raisonner en coût au kilomètre ou au kWh qu’en coût mensuel absolu : deux copropriétaires avec la même borne et le même contrat peuvent avoir des factures très différentes simplement parce que leurs trajets ne sont pas comparables.
Comparer ce coût à la recharge publique
Ce calcul prend tout son sens compare à la recharge publique, généralement plus chère au kilowattheure et moins pratique au quotidien puisqu’elle suppose un déplacement dédié. Même en intégrant un abonnement de supervision et une part de maintenance, le coût mensuel d’une recharge en copropriété reste généralement inférieur à un usage régulier de bornes publiques pour le même volume d’énergie. C’est un argument à rappeler lors d’un vote en assemblée générale face aux copropriétaires qui doutent de l’intérêt économique du projet.
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